Découvertes libres

par Louis Roché - le 01/09/2010 - dans liensinformatiqueinternetlibre - avec 0 commentaire(s)

Aujourd'hui, j'ai envie de revenir sur quelques découvertes libres que j'ai fait ces derniers temps. Rien au top de l'actualité, rien qui risque de changer le monde, mais des petites choses plaisantes et intéressants.

Cette première découverte est Osmo. Un logiciel qui fait à la fois calendrier (mon utilisation principale), notes, taches et contacts. Jusqu'à présent j'utilisais un logiciel différent pour chacune de ces activités. Je n'aime pas les usines à gaz. Mais Osmo est assez léger et bien fait pour que je fasse le changement. Il y a juste pour les contacts ou j'ai gardé mes vieilles habitudes. Ils sont encore sur Thunderbird.

Radio Tray est un petit logiciel qui, comme son nom l'indique, permet d'écouter la radio. Je ne parle pas de radio FM mais des webradio. Vous avez juste à rajouter les flux de vos radios favorites et elles seront ensuite toujours à portée de main. Je suis particulièrement séduit qu'on puisse tout gérer depuis l'icone dans le tray. Pas d'interface avec des options aussi compliquées qu'inutiles alourdissant le logiciel. Ici c'est la simplicité et l'efficacité qui est de mise.

Pour rester dans la musique, voici Musopen. Le site à pour projet d'enregistrer des oeuvres tombées dans le domaine public tout en n'appliquant pas de copyright aux enregistrements. Vous pouvez ainsi en faire ce que vous voulez. En effet, bien que de nombreux morceaux soient tombés dans le domaine public, les enregistrements eux sont toujours protégés grâce au droit voisin. Vous ne pouvez donc pas retoucher, modifier ou partager les enregistrement que vous acheter. Le site se concentre sur la musique classique car c'est un des rares domaines ou beaucoup d'oeuvres sont tombées dans le domaine public.
Musopen est d'ailleurs en train de faire un appel aux dons pour recruter un orchestre international afin d'enregistrer des shymponies de Beethoven, Brahms, Sibelius et Tchaikovsky.

Je suis de ceux qui pensent qu'il faut éduquer pour faire avancer le libre. Éduquer par et pour le libre. Dans cette optique, le projet OOo4Kids est très intéressant. C'est une refonte du logiciel openoffice destinée aux enfants de sept à douze ans. A l'occasion de la sortie de la version 1.0, ils ont fait une courte vidéo de présentation que je vous invite à voir.

Toujours dans les vidéos, l'association Ilico (qui vient de devenir un FAI) a regroupée sur une page 6 heures de vidéos de Benjamin Bayart. Ces vidéos ont pour ambition de présenter internet à tout un chacun. D'ailleurs la technique n'est pas le sujet plus important, Benjamin bayart réussissant très bien à la vulgariser pour se concentrer sur les enjeux d'internet. Toutes ces vidéos sont visibles sans player flash (html5) et sont disponibles au téléchargement.

Pour revenir à quelque chose de plus léger, voici MeMaker. Il semble que ce soit la mode en ce moment d'avoir un avatar qui nous ressemble dans un style manga. MeMaker, qui n'est pas bien compliqué, vous permet de créer un avatar en assemblant divers morceaux de tête (yeux, bouches, cheveux...). Ce n'est pas une révolution, mais il fait ça très bien et les résultats sont sympathiques.

Liens de la semaine #5

par Louis Roché - le 07/08/2010 - dans liensinformatiqueinternetliensdelasemaine - avec 0 commentaire(s)

La "navigation privée" des navigateurs n'est pas fiable à 100 % : Utilisation différente de la navigation privée selon les navigateurs et faiblesses de ces modes.

L'Hadopi va-t-elle cibler certains FAI plus que d'autres ? : Le filtrage, nouvelle poule aux oeufs d'or pour les FAI ?

L'Inde prête à porter plainte à l'OMC contre l'ACTA : La révolte du sud.

Je suis devenu ce que je suis en bidouillant : Exécuter n’importe quoi qui, bordel, puisse s’exécuter.

Hackers and Painters

Plugging the WikiLeak: What can the government do? : The vast nature of the Internet, however, makes it essentially impossible to stop something, or take it down, once it has gone out over multiple servers.

40 milliardaires américains prêts à donner la moitié de leur fortune : Bill Gates, fondateur de Microsoft, et Warren Buffett, patron du fonds Berkshire, sont à l'origine de cet inédit tour de table. 

WikiLeaks s'offre une assurance vie cryptée : Le site détient-il une nouvelle bombe ou fait-il du bluff ?

Marketing de surveillance : le prochain buzzword ? : Que pen­ser d’un monde où vos acti­vi­tés sont sur­veillées en per­ma­nence afin non seule­ment d’ «assu­rer la pro­tec­tion» des citoyens mais égale­ment pour don­ner sa pleine dimen­sion à une nou­velle forme de mar­ke­ting, qui per­met­tra de mieux vous cibler ?

Les dangers du géotagging : Il convient de poin­ter de poten­tiels usages qu’il serait bon d’appréhender au plus vite si l’on veut pou­voir les abor­der avec un mini­mum de sérénité.

Le FBI s’en prend à Wikipedia pour une histoire de logo : L’encyclopédie en ligne est accusée de reproduire illégalement le logo du FBI dans l’article qu’elle consacre à l’organisation. Wikimedia ne compte pas céder.

Wikileaks remplace-t-il la presse en Afghanistan ? : Le Guardian démontre qu’il existe encore une véri­table place pour une presse qui sait se réinventer.

Tout ce que vous devez savoir sur Internet en 9 points : Comment voulez-vous que les gens adhèrent aux mouvements de défense de la neutralité du Net si ils ne comprennent même pas ce qu’est le Net ?

Le journalisme selon Hunter S. Thompson : Je n’ai pas encore trouvé de dope qui puisse vous faire monter aussi haut qu’être assis à un bureau à écrire

Google et Verizon seraient sur le point de s’entendre pour abandonner la Neutralité du Net : Une neutralité compromise est elle vraiment neutre ?

Hadopi : le recours déposé par FDN est enfin transmis aux parties adverses : Le Ministère de la Culture, le Secrétariat Général du Gouvernement et la Hadopi ont deux mois pour présenter leur mémoire en réponse.

Liens de la semaine #4

par Louis Roché - le 01/08/2010 - dans liensinformatiqueinternetliensdelasemaine - avec 0 commentaire(s)

Si Facebook est le mal, c’est de notre faute ! : Il ne faut pas oublier que c'est les utilisateurs qui décident réellement de l'état de chose. On ne peut pas se plaindre de facebook et ne pas agir en retour. L'utilisateur est aussi responsable que les dirigeants et pas seulement pour facebook.

7 dates clés du projet GNU : Un résumé très rapide de l'histoire GNU.

Ne méprisez pas forcément les goûts de Madame Michu : Et si parfois “ce que le public veut” était plus sérieux que ce que lui donne le média ?

Le Libre, c’est un peu croire en l’Humain : le savoir est et restera une des choses les plus importantes de notre espèce, qu’il faut diffuser le plus largement possible, sans restriction, après tout, c’est un “patrimoine commun de l’humanité.

Vidéo : Que serait la vie sans logiciel libre ?

L’histoire de Linux en reportage TV

RMS AMA : 25 questions à RMS.

Qu'est ce qu'internet : Une série de 3 vidéos de Benjamin Bayart.

Quand le droit d’auteur tourne mal

Vous dites Linux, je dis GNU/Linux.

par Louis Roché - le 31/07/2010 - dans linuxGNUinformatiquelibremondephilosophie - avec 7 commentaire(s)

Ceci est une traduction d'un article intitulé You say Linux, I say GNU/Linux et publié sur Off the Beat: Bruce Byfield's Blog


 

Vous dites Linux, je dis GNU/Linux.

Plus je vieillis, plus je suis certain que la plupart des discussions tournent autour de demies-vérités. En fait, plus l'argumentation est forte et véhémente, plus il est probable que personne ne détienne la vérité. Et ce phénomène ne semble jamais autant se vérifier que dans le débat sur le système d'exploitation que nous finissons tous par appeler Linux ou GNU/Linux. Pourtant, cela ne signifie pas nécessairement que vous devez éviter de prendre position et dans mon cas j'ai fini, avec quelques réserves, du côté des utilisateurs du "GNU/Linux".

Cet argument a récemment refait surface sur la liste de diffusion de la Fondation GNOME. Si vous connaissez déjà cette communauté, vous savez quels sont les arguments : les supporters des logiciels libres disent que le système d'exploitation devrait s'appeler GNU/Linux en l'honneur des deux projets fondateurs. De l'autre côté, les gens disent que ce nom est maladroit et depuis que tout le monde appelle le système Linux, il n'est plus possible de changer le nom.

Pour faire bonne mesure, ceux qui proposent d'utiliser le simple Linux rajoutent que si on doit citer le projet GNU et le noyau Linux, il faut aussi citer X tout comme les autres éléments clés. Généralement, cet argumentaire est suivi d'une attaque envers Richard Stallman, la Free Software Fondation et ses supporters qui sont décris comme obstinés, dépassés et hors de propos. Souvent, ces attaques sont très clairement visibles et semblent être le véritable centre de l'argumentaire de ceux qui choisissent le "Linux".

Ce sont les arguments qui sont toujours employés. Il est très rare que quelque chose de nouveau sorte d'un camp ou d'un autre.

Choisir son camp.

J'ai argumenté pour les deux camps en temps voulu. Quand j'étais nouveau dans la communauté et que travaillais dans le marketing, j'argumentais en faveur de Linux. Comme tout le monde continu de le dire, c'est plus court, plus simple et plus connu. Pour faire court, ça me semblait mieux.

Ensuite, j'ai quitté le marketing et mes préoccupations ont changé, utiliser GNU/Linux prend plus de sens pour moi. Depuis, j'utilise le terme à chaque fois que j'écris même si les éditeurs changent parfois le terme sans me le signaler.

Qu'est ce qui m'a fait changer ? Principalement le fait qu'une bonne pub m'intéresse maintenant moins que la vérité.

Pas que le camps que j'ai quitté ai totalement tort. Oui, Stallman chipote sur le langage qu'il considère comme correct a tel point qu'il semble parfois oublier les autres problèmes. Dans les faits, quand je l'ai entendu parler l'année dernière, il semblait se concentrer sur le bon langage à employer chaque fois qu'il ne savait pas comment répondre.

Mais ça ne signifie pas que ce soit toujours inutile. Parler, définir et décrire les termes d'une discussion influence les personnes sur leur façon de penser ces termes. Et si vous ne croyez pas ca, dites-moi : une personne qui pirate un ordinateur est elle un hackeur ou un crackeur ? J'ai rencontré très peu de personnes qui concèdent à l'usage populaire dans ce cas.

De la même manière, combien de personnes dans la communauté s'opposent au fait que la Free software Fondation renomme le Digital Rights Management en Digital Restrictions Management ? Leur ire semble réservé pour le seul "GNU/Linux" ce qui qui me suggère que le véritable but de ce débat pour certains est de montrer leur désaccord avec la position du logiciel libre. Très bien, mais n'essayez pas de cacher vos motivations, surtout pas à vous-même.

Plus vous discutez, plus la double dénomination semble être un reflet de ce qui s'est passé dans le début des années 90.

Bien sûr, d'innombrables projets contribuent au système d'exploitation que nous connaissons aujourd'hui. Mais la décisions de rassembler Linux et le projet GNU est le socle de ce système. Si vous les avez utilisé, vous devez avoir vu l'attribution de fichiers de configuration et de manuel à l'employé de la Free software Fondation Ian Murdock en 1993-1994, bien que ces attributions ne semblent plus être présentes pour une raison quelconque. Le projet GNU n'a pas contribué seulement aux applications, bien qu'il y aie attribué de nombreuses heures, mais aussi dans les licences qui ont largement fait son succès.

L'argument selon lequel d'autres projets méritent aussi un crédit n'est vraiment rien d'autre qu'une absurde réduction. Une faute de logique classique. Et nous savons tous qu'attaquer une personne au lieu des arguments est également invalide, n'est-ce pas ? Stallman peut être une personne entière (et la dernière fois que nous avons discuté, il a exigé des excuses que je ne crois pas devoir), mais cela ne réfute en aucun cas ses arguments, pas plus que la méchanceté croissante de certains de ses adversaires ne discrédite complètement leur position.

Le choix de l'anarchiste.

Si j'ai choisi "GNU/Linux", la raison n'est pas que je suis totalement d'accord avec tout ce que cet usage implique et que je rejette les arguments de l'autre partie. Cela indique que je le trouve plus juste que "Linux".

Mais il y a aussi une autre raison que j'utilise "GNU / Linux." Ce trait d'union, comme il est maladroit, me permet de signaler exactement où j'en suis dans les discussions autour du logiciel libre et open source. Le terme est à la fois pratique et honnête, et me permet d'aller au fond plus rapidement.

Non pas que le terme me satisfasse pleinement. Quand je peux, j'essaie de l'éviter, en parlant plutôt de libre et open source (logiciels libres), ce qui est généralement plus précis de toute façon. Mais je ne suis pas ici pour faire de la poésie. Je parle d'ordinateurs et de logiciels, domaines qui sont remplis d'acronymes qui n'aident pas. Je pense fortement qu'un acronyme de plus ne serait pas bon.

Dans tous les cas, je ne vais pas forcer les autres à suivre mon usage. J'ai pris ma décision et j'ai suivi assez de débats anarchiques pour voir d'autres personnes prendre des décisions que je considère comme mauvaises (ce qui est précisément sans espoir pour soutenir quoi que ce soit à qui que ce soit). J'espère juste que les autres personnes des deux camps peuvent garantir le même privilège a tout le monde.

Les glands, les putes et les blaireaux

par Louis Roché - le 04/06/2010 - dans librelinuxphilosophie - avec 35 commentaire(s)

Pourquoi le libre (la philosophie) ne pourra jamais s'imposer ? C'est une bonne question. Tout d'abord, je pense qu'il est important de préciser que je suis un libriste. Mais un vrai libriste. Celui qui pense que la liberté est vraiment une des choses les plus importantes qui existent. Celui aussi qui pense qu'imposer GNU/Linux en OS unique est aussi débile que de vouloir rester de la position de dépendance qu'on connait aujourd'hui avec Windows. Bref, pour moi, le but n'est pas d'imposer un OS libre à tout le monde. Si une alternative libre viable existe, qu'on n'a pas une vente liée qui force le passage par un OS donné (libre ou non) et qu'on réussit à communiquer les véritables arguments du libre, je serais comblé. Ensuite, n'importe qui serait en position de faire un choix et devrait en assumer les responsabilités.
 
Je passe cette fois sur toutes les considérations hors informatique. Je ne parlerai pas de culture, de diffusion des œuvres ou autres idées dans le même style. Je parle bien du libre (le mouvement, ses idées) en informatique. Ce qui ne comprend pas les personnes qui utilisent les outils libres pour leurs atouts techniques et non pour leur attachement à certaines valeurs.
 
Pour le moment parmi les "libristes" (je mets des guillemets, parce que beaucoup se considèrent comme tels, mais ils sont des imposteurs) on a plusieurs groupes bien distincts quand on connait un peu le domaine, mais qui se ressemblent pas mal pour le profanes et qui expliquent cette idée qu'on les gens d'une guerre entre libristes.
 
On a le groupe des libristes modérés ou pragmatiques. Ils adhèrent aux idées du libre, pensent que c'est un bien, les défendent quand ils peuvent mais n'en font pas forcement un cheval de bataille. Ça ne doit pas manger trop de temps. En cas de problème, ils n'ont pas de scrupules (ce n'est pas négatif ici) à utiliser un produit propriétaire qui pourrait leur donner satisfaction. Le but reste quand même que ça fonctionne, que ça n'empiète pas trop sur la vie de tous les jours et que ça ne prenne pas la tête. Ces personnes, ce sont un peu les "monsieur tout le monde" de l'univers Linux. Ils ont des compétences en informatique supérieurs à la moyenne de la population, ne font pas beaucoup de bruits et profitent tranquillement de l'avancé technologique. Mais quand ils le peuvent, ils renvoient l'ascenseur.
 
Le second groupe c'est les kikoolols libristes. Nouveaux arrivants sur un OS libre, ils n'ont rien compris au libre, veulent un truc comme Windows mais qui n'est pas Windows, aiment souvent Apple mais n'ont pas assez d'argent pour s'en payer un. Ils adorent par dessus tout dire du mal de Windows sans savoir de quoi ils parlent. J'ai envie de dire les chieurs casse-couilles. Un peu dans la nouvelle vague du "geek c'est chic" en plus poussée, ils suivent une sorte d'effet de mode de certains recoins d'internet et finissent en pleurant sur un forum pour essayer d'installer leur version de call of duty piratée.
 
Le pseudo-power-user-pédant (merci engil) croit avoir des connaissances de oufzor dans le domaine, adore bassiner tout le monde avec des noms d'outils compliqués, mais il n'arrive à rien tout seul. Harceleur fou, il a réussi à se faire bannir de la moitié des chans irc de la planète, est un sujet de raillerie récurrent et est passablement énervant. Ce n'est déjà pas bien passionnant pour une bonne partie de la population, le pseudo-power-user-pédant réussit à rendre ça encore plus imbuvable. Son entourage ne veut surtout pas toucher à Linux de peur de finir comme lui.
 
Les libristes hautains sont ceux qui pensent uniquement technique. Ils sont sur un OS de roxor qui permet de tout maitriser. Ils sont heureux de pouvoir le faire, mais ne voudrait surtout pas que ce soit accessible à tout le monde. Alors ils se regroupent, forment des sectes et ont beaucoup de mal à aider les nouveaux ou accepter une idée contradictoire. Pour beaucoup, ils se pensent suffisamment intelligents pour pouvoir prendre des décisions à la place de tout le monde. Ils voudraient donc imposer Linux/BSD/Solaris a l'ensemble de la population et contrôler le tout. Ils adorent reprendre des arguments de ceux qui défendent le système privateur pour l'appliquer à leurs outils. « Si tu n'aimes pas, pas la peine de venir ou de faire une critique. Nous on t'oblige pas à venir, alors si t'es pas content, t'as qu'a pas regarder ce qu'on fait et puis c'est tout. » ou « Si tu n'utilises pas tel outil, tu ne peux pas accéder à mon contenu. Comme de toute façon c'est un outil libre, c'est pour ton bien qu'on t'oblige à faire ce choix. ». Remplacez "outil libre" par "notre outil" et vous devriez penser à certaines grandes sociétés de l'univers high-tech. C'est peut-être les pires de tous. Ils pervertissent complètement l'idée de base pour au final nous donner un système identique à celui qu'on connait mais avec des logiciels open-source au mieux, shared source souvent, fermés ou réservés à une petite communauté dans le pire des cas.
 
On a aussi les libristes hypocrites. Ils adorent dire du mal de Microsoft, mais contrairement aux kikoolols, ils savent pourquoi. Comme ils maîtrisent les arguments techniques, ils ont une certaine aura qui leur permet d'avoir de l'audience. Le problème c'est qu'à côté, ils n'ont aucun mal à faire exactement ce qu'ils critiquent, à employer les outils qu'ils critiquent. C'est vicieux, parce que certains sont des personnages importants qui symbolisent le libre. Ils sèment donc le doute.
 
La dernière catégorie, c'est les vieux libristes, les barbus. Ceux de la première heure. Ils voudraient bien un monde uniquement composé de libre mais ne veulent pas l'imposer. Ils veulent informer, éduquer et pousser les gens à faire eux-même un choix. Ils sont souvent intransigeants avec eux-mêmes et s'imposent des outils libres même lorsque ça peut être une contrainte. On en voit apparaitre un de temps à autre, mais ils se font rares. C'est le noyau dur du mouvement libre, ceux qui donnent les grandes idées, servent de guide, de références et sont inflexibles. C'est le mètre étalon.
 
Ces catégories ne sont bien sûr pas fermées, il y a pas mal de monde qui navigue entre. Par exemple entre monsieur pragmatique et monsieur barbu, celui qui voudrait bien pouvoir utiliser que du libre mais n'en a pas les moyens et doit faire passer sa subsistance avant ses idées. Il y a aussi le kikoolol hypocrite (combo redoutable) qui est un phénomène particulièrement extraordinaire.
 
Quand vous faites le tour de ces différents groupes, vous vous rendez vite compte que le libre risque d'avoir du mal à avancer niveau grand public. On a que les libristes modérés et ceux de la première heure pour le faire. Et encore, ces derniers sont souvent considérés comme des fous techniciens et ils ont du mal à être écoutés. Au final, il ne reste plus que nos linuxiens modérés pour faire progresser à petit pas ce petit bout libre et ses idées. Bien sûr, les arguments de monsieur hautain ou de monsieur hypocrite peuvent porter leurs fruits à court terme avec une prise de conscience grandissantes. Mais si la progression du libre se fait sur leurs idées, ce ne sera plus le libre. Juste le système actuel avec d'autres têtes pensantes. Dans cette situation, face à une population qui est en contact au quotidien avec l'informatique mais n'a reçu aucune éducation ou formation pour ça, est contente de vivre manipulée et n'a aucune occasion de s'en rendre compte, je ne vois pas comment la situation pourrait évoluer. Au final, le libre risque de rester une utopie partagée par certains fous, mais condamnée à ne jamais triompher et ne jamais mourir.
 
On dit souvent que les journaux ou les blogs ont les lecteurs qu'ils méritent. Ces derniers temps ont dit qu'on a les réseaux sociaux qu'on mérite. On peut surement aussi dire qu'on a le libre qu'on mérite.

 

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